Moulin de Guerquesalle

PETITE HISTOIRE DE LA FERME

Guerquesalle est mentionnée, pour la première fois, au XVIème siècle: "Garnesala", puis fief de Guerquesale à Amécourt au XVIIème siècle et hameau de Guerquesalle au XVIIIème, prés de 15 personnes y vivaient: métayer, manouvrier, garçon de ferme, vacher, charretier, palefrenier, meunier et leur famille.

La ferme du XIXème siècle a été remaniée et comporte différents bâtiments: le moulin, la grande grange, la charreterie, le pressoir, les fours à pain, la cave à lait et à cidre, la maison du fermier, les écuries, l'étable. Les murs sont en briques ou appareillés (chaînage briques et remplissage silex et même solins silex et murs en torchis coté herbages) suivant les époques et les moyens. L'argile à silex, omniprésente localement, fournissait les silex des murs et l'argile du torchis, les briques provenaient des briqueteries de la vallée. Pour les toitures, le chaume du XVIIème a été remplacé par la tuile puis l'ardoise.

Le moulin est créé après la révolution en 1797. Il moud le blé des habitants d'Amécourt. Il est monté "à l'anglaise" vers 1840, le bois des axes et des rouets est remplacé par la fonte anglaise, une deuxième meule est installée. Dans le moulin, le charron entretenait les pièces de bois (dents des rouets par exemple) et le bourrelier façonnait les courroies en cuir. En 1918, il ne produit plus de farine, il est transformé pour les besoins de la ferme. Le moulin écrase les céréales pour la mouture des animaux, actionne une pompe à eau (bélier), un coupe racines (betteraves) et donne la force motrice à une batteuse. En 1932, la deuxième meule est remplacée par des transmissions reliées à une dynamo qui produit un courant continu pour l'éclairage de la ferme. Le moulin cesse son activité en 1955.

La roue hydraulique et le beffroi en chêne du XVIIIème, les rouets, la meule, les transmissions, la machine à monter les sacs, le crible normand dans la charpente, les tarares, la dynamo, les tableaux électriques en marbre avec voltmètre et ampèremètre, le rhéostat, la pompe bélier existent encore.

Dans la grange voisine, sous la majestueuse charpente en grisard (peuplier local), les gerbes de blé étaient stockées puis battues l'hiver. La batteuse était montée contre un mur, qui en garde les séquelles. La force motrice du moulin était transmise par un long câble d'acier engrené dans une roue à gorge de bois.

Dans la charreterie étaient garées les charrettes, tombereaux... A côté, le pressoir, en demi-étage sur la cave à lait et à cidre, héberge une presse à cidre et un grugeoir.

En face de la porte d'accés à la cave, se présentent les fours à pain (un petit et un grand). Les fours étaient chauffés pour la fabrication du pain, des patisseries, des tourtes, patés... Des niches sous les fours permettaient de conserver les cendres utilisées pour la grande lessive.

La maison du fermier, en briques, et les écuries viennent ensuite.

En face, l'étable où avait lieu la traite journalière, a brulé en 1955, la tuile de beauvais a remplacé l'ardoise. Un brabant, un vieux tracteur, un râteau-faneur, témoins des débuts de la mécanisation agricole sont exposés le long du chemin de la ferme.

Au XIXème siècle, le développement des moyens de communication (train et route) et la forte demande en lait de la capitale et des fromageries Gervais à Gournay ont orienté les fermes de la vallée vers l'élevage laitier. De nombreuses pièces de terre se sont couvertes d'herbes et de haies.

LA FERME AUJOURD'HUI

La ferme aujourd'hui est engagée en mode de production biologique avec un élevage allaitant de limousines (70 vaches). Les bovins ont été relogés dans un nouveau bâtiment et le corps de ferme est en cours de restauration. De nombreuses surfaces (les coteaux notamment) ont été remises en herbe ou en luzerne qui fournissent l'essentiel de l'alimentation du troupeau. Orge de printemps, triticale (blé rustique trés résistant) et pois fourragers cultivés biologiquement sur la ferme complètent cette alimentation. La ferme est en autonomie totale. L'assolement long, sur 7 ans, avec 4 à 5 ans de légumineuse (luzerne) permet de "nettoyer" la terre des adventices et de la recharger naturellement en azote. Ces assolements à base de longues rotations étaient bien connus au XIXème siècle. Dans ce sytéme bio, la gestion du pâturage (pâturage tournant) est importante pour limiter le parasitisme des animaux et pour préserver qualité et quantité d'herbe.

Ce système de production préserve la faune et la flore et la biodiversité. Des relevés botaniques sont en cours sur la ferme et des haies sont réimplantées tous les ans. Deux apiculteurs ont installé leurs ruches sur les coteaux. Les abeilles favorisent la pollinisation des luzernes.

Un maraicher bio cultive légumes et fruit le long de la rivière.

La ferme héberge aussi quelques moutons, des chévres, des lapins et des volailles. Depuis 10 ans, la vente directe par circuit court est pratiquée, un local de stockage et de vente à la ferme a été créé. La ferme fournit aussi des cantines, reçoit du public (journées du patrimoine, écoles…) et participe à des manifestations autour du bio (salons bio...). Circuit court, autonomie, système bio tout herbe déterminent un bilan carbone positif. De plus les surfaces en herbe limitent le ruissellement et les crues, filtrent et assainissent l'eau.

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